A l'occasion de recherches sur l'enfance de mon arrière-arrière-grand-mère, enfant assistée de la Seine, je me suis intéressée aux ressources disponibles sur Internet et je me suis rendue aux Archives de Paris pour consulter son dossier.
Voici les points essentiels que j'ai retirés de mon expérience.
Les Archives de Paris disposent d'un grand nombre de ressources sur les enfants assistés depuis les débuts de l'aide aux enfants trouvés en 1639.
Ces archives peuvent permettre d’en apprendre plus sur les origines d’un enfant trouvé, abandonné ou orphelin, ainsi que sur ses conditions de vie durant son enfance.
De plus, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les services d’aide aux enfants ne concernaient pas uniquement les enfants abandonnés ou orphelins. On y trouvait également des enfants placés en dépôt, car leurs parents ne pouvaient pas s’occuper d'eux temporairement.
Ce fut le cas de mon arrière-arrière-grand-mère, admise en dépôt lors de l'hospitalisation de sa mère en 1870.
Ce fut le cas de mon arrière-arrière-grand-mère, admise en dépôt lors de l'hospitalisation de sa mère en 1870.
Quels sont les différents services d'aide aux enfants trouvés ?
Afin de bien mener ses recherches dans les Archives des Enfants Assistés, il est essentiel de bien comprendre l’histoire des services qui ont existé depuis 1639. D'autant plus que ces services ont connu de nombreuses évolutions au cours de leurs histoires : certains ont été renommés, de nouveaux services ont été créés, puis ont été fusionnés ou regroupés, etc.
Comme souvent en généalogie, la difficulté ici n'est donc pas tant de savoir quoi chercher, mais plutôt de savoir où chercher.
Pour y voir un peu plus clair, voici les différentes dénominations que l'on retrouve entre 1639 et 1918 pour les enfants assistés de la Seine.
Comme souvent en généalogie, la difficulté ici n'est donc pas tant de savoir quoi chercher, mais plutôt de savoir où chercher.
Pour y voir un peu plus clair, voici les différentes dénominations que l'on retrouve entre 1639 et 1918 pour les enfants assistés de la Seine.
C'est à l'initiative de Saint Vincent de Paul (1581-1660) que l'hôpital des Enfants Trouvés a été créé. Il fonde en effet, en 1633, l'Ordre des Filles de la Charité pour venir en aide aux malades et aux enfants trouvés parisiens. En 1638, cette institution est à l'origine de la création de la Maison de Couche de Paris, qui deviendra l'Hôpital des Enfants Trouvés et sera rattaché à l'Hôpital général de Paris en 1670.
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| Enfants trouvés : le tour intérieur et extérieur (source : BIU Santé) |
Les Enfants trouvés, qui deviennent Enfants assistés à partir de 1859, accueillent tous les enfants trouvés, abandonnés et orphelins de Paris.
C'est la seule dénomination qui existe jusqu'en 1841, date à partir de laquelle sont créés les registres d'Enfants en dépôt.
Ces registres incluent tous les enfants admis provisoirement et pouvant
être repris par leurs parents à tout moment. C'est notamment le cas
pour les enfants dont l'un des parents est hospitalisé.
A partir de 1859, les registres d'Enfants en dépôt sont également un point de passage obligé pour tous les enfants admis comme enfants assistés, moralement abandonnés ou pupilles de l'Assistance.
Les Enfants moralement abandonnés regroupent, à partir de 1881, les enfants âgés de 12 à 16 ans et ceux dont les parents ne peuvent assurer l'éducation. Ceux-ci sont réunis avec les enfants assistés sous le nom de Pupilles de l'assistance à partir de 1907.
La dernière catégorie regroupe, à partir de 1873, les Enfants secourus dont les parents sont aidés financièrement pour assurer leur éducation.
Comment rechercher le dossier d'un enfant assisté ?
Comme nous venons de le voir, six services différents se sont occupés des enfants assistés (Enfants trouvés, Enfants en dépôt, Enfants assistés, Enfants secourus, Enfants moralement abandonnés, Pupilles de l'assistance).
Les Archives des Enfants assistés se composent des archives de ces six services, mais elles n'ont pas pour autant été regroupées : elles sont conservées de façon séparée aux Archives de Paris.
Il est important de remarquer que la dénomination "Enfants Assistés" ne correspond en réalité qu'à un seul des services d'assistance qui ont existé (et coexisté). Il est donc impératif de connaître le nom exact du service qui a assisté un enfant, afin d'accéder aux registres et aux dossiers qui le concernent.
Concrètement, si on demande le dossier d'un enfant "assisté", alors que celui-ci était "moralement abandonné", l'archiviste consultera les archives du service des "Enfants Assistés" et n'y trouvera aucun document. Il en sera de même si l'on demande le dossier d'un enfant assisté en 1800, car le service des Enfants assistés était alors appelé service des Enfants trouvés.
Une erreur dans l'appellation d'un service peut donc mener la recherche à une fin prématurée, alors même que les documents recherchés existent et sont accessibles.
Pour chaque service, il existe de plus différents types d'archives : les répertoires d'admission, les registres chronologiques, les dossiers individuels, etc. Il faut donc également connaître le système documentaire du service concerné, pour éviter de passer à côté d'une partie des informations disponibles. D'ailleurs, lors de ma visite aux Archives de Paris, j'ai pu me rendre compte que mêmes les archivistes pouvaient être perdus à travers toutes ces ressources. D'où l'importance de bien préparer sa venue aux Archives.
La marche à suivre pour effectuer des recherches reste globalement la même, quel que soit le service, et se décompose en trois étapes :
1ère étape : Déterminer le(s) service(s) où l'enfant a été admis
Pour déterminer le (ou les) service(s) dans lequel a été admis l'enfant recherché, il faut s'aider de son année de placement et des autres informations que l'on possède. Si l'on ne connait pas son année d'admission ou ses conditions d'admission, il faut alors éplucher tous les répertoires d'admission entre sa naissance et l'année de ses 12 ans, âge limite auquel étaient admis les enfants assistés.
2ème étape : Retrouver les numéros de matricule grâce aux répertoires d'admission
Pour chaque service, la recherche commence par les répertoires d'admission qui permettent de trouver le numéro de matricule de l'enfant. Ce numéro de matricule (propre à chaque service) est la clé permettant d'accéder à tous les documents le concernant pour un service donné. Pour cela, il faut connaître le nom de l'enfant et son année de placement car ces répertoires sont annuels.
Les Archives des Enfants assistés se composent des archives de ces six services, mais elles n'ont pas pour autant été regroupées : elles sont conservées de façon séparée aux Archives de Paris.
Il est important de remarquer que la dénomination "Enfants Assistés" ne correspond en réalité qu'à un seul des services d'assistance qui ont existé (et coexisté). Il est donc impératif de connaître le nom exact du service qui a assisté un enfant, afin d'accéder aux registres et aux dossiers qui le concernent.
Concrètement, si on demande le dossier d'un enfant "assisté", alors que celui-ci était "moralement abandonné", l'archiviste consultera les archives du service des "Enfants Assistés" et n'y trouvera aucun document. Il en sera de même si l'on demande le dossier d'un enfant assisté en 1800, car le service des Enfants assistés était alors appelé service des Enfants trouvés.
Une erreur dans l'appellation d'un service peut donc mener la recherche à une fin prématurée, alors même que les documents recherchés existent et sont accessibles.
Pour chaque service, il existe de plus différents types d'archives : les répertoires d'admission, les registres chronologiques, les dossiers individuels, etc. Il faut donc également connaître le système documentaire du service concerné, pour éviter de passer à côté d'une partie des informations disponibles. D'ailleurs, lors de ma visite aux Archives de Paris, j'ai pu me rendre compte que mêmes les archivistes pouvaient être perdus à travers toutes ces ressources. D'où l'importance de bien préparer sa venue aux Archives.
La marche à suivre pour effectuer des recherches reste globalement la même, quel que soit le service, et se décompose en trois étapes :
1ère étape : Déterminer le(s) service(s) où l'enfant a été admis
Pour déterminer le (ou les) service(s) dans lequel a été admis l'enfant recherché, il faut s'aider de son année de placement et des autres informations que l'on possède. Si l'on ne connait pas son année d'admission ou ses conditions d'admission, il faut alors éplucher tous les répertoires d'admission entre sa naissance et l'année de ses 12 ans, âge limite auquel étaient admis les enfants assistés.
2ème étape : Retrouver les numéros de matricule grâce aux répertoires d'admission
Pour chaque service, la recherche commence par les répertoires d'admission qui permettent de trouver le numéro de matricule de l'enfant. Ce numéro de matricule (propre à chaque service) est la clé permettant d'accéder à tous les documents le concernant pour un service donné. Pour cela, il faut connaître le nom de l'enfant et son année de placement car ces répertoires sont annuels.
Attention, un matricule n'est valable que pour un service : si un enfant a été admis en dépôt puis placé chez les enfants assistés, il y aura alors deux matricules à trouver. De plus, à partir de 1859, tous les enfants admis dans d'autres services passent préalablement par le service des enfants en dépôt.
Cette recherche de matricule peut s'effectuer directement aux Archives de Paris, en salle de lecture. Cependant pour certaines années, elle peut se faire en ligne, car les répertoires annuels d'admission des différents services ont été partiellement numérisés et mis en ligne sur le site des Archives de Paris. En résumé, les répertoires numérisés vont de 1742 à 1911, à l’exception d’années manquantes entre 1748 et 1754.
Le tableau ci-dessous récapitule, par service, les années pour lesquelles les répertoires d'admission sont numérisés et consultables en ligne.
Service
|
Répertoires annuels d'admission
|
Années des répertoires numérisés
|
Enfants trouvés
|
par ordre alphabétique de prénom jusqu'en 1760
par ordre alphabétique de nom à partir de 1761
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de 1742 à 1858 (années manquantes de 1748 à 1754)
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Enfants assistés
|
par ordre alphabétique de nom
|
de 1858 à 1906
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Enfants moralement abandonnés
|
par ordre alphabétique de nom
|
de 1884 à 1906
|
Pupilles de l'Assistance
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par ordre alphabétique de nom
|
de 1907 à 1911
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Enfants en dépôt
|
par ordre alphabétique de nom
|
de 1841 à 1911
|
Enfants secourus
|
par ordre alphabétique de nom
|
de 1873 à 1875
|
La consultation des répertoires en ligne des Archives de Paris est assez simple : il suffit de connaître le nom de l'enfant, l'année de placement et le service concerné pour consulter le répertoire d'admission correspondant. Dans les répertoires, le numéro inscrit en correspondance du nom de l'enfant correspond au matricule.
3ème étape : Consulter les registres d'admissions et dossiers aux Archives de Paris
3ème étape : Consulter les registres d'admissions et dossiers aux Archives de Paris
Contrairement à l'étape précédente, cette étape ne peut se faire qu'en se rendant aux Archives de Paris, puisque les registres et dossiers n'ont pas été numérisés (à ce jour).
Le numéro de matricule de l'enfant permet alors de consulter les registres d'admission ainsi que les dossiers individuels lorsqu'ils existent. Cependant, tous ces documents sont conservés indépendamment, par service et par type de documents : ils sont donc classés à différents endroits dans les Inventaires d'archives. C'est pourquoi une demande spécifique doit être faite, en salle de lecture, pour chaque type de document.
Le site de la Ville de Paris propose une page assez complète qui détaille les différents types de documents à disposition et les informations qu'ils contiennent. Cependant, les dossiers ne sont pas toujours aussi complets qu'annoncé. Le dossier de mon arrière-arrière-grand-mère chez les Enfants assistés contenait en effet peu de documents et aucune information sur ses parents, qu'elle avait pourtant connus.
Au vu du grand nombre de ressources disponibles, il est clairement indispensable de bien préparer sa visite aux Archives pour ne pas passer à côté d'une partie des informations recherchées. Ceci n'est d'ailleurs pas propre aux recherches sur les enfants assistés de la Seine. On retrouve certainement les mêmes difficultés dans les autres départements français.
Plus généralement, ces problématiques se rencontrent inéluctablement dès qu'un service a connu une longue existence, jalonnée de nombreuses transformations : changement de noms, fusion avec d'autres services, redécoupage en plusieurs entités, ...
Pour ma part, après deux visites, trop peu préparées, aux Archives de Paris, je me rends compte qu'il reste encore des ressources que je n'ai pas exploitées pour en apprendre plus sur l'enfance de mon aïeule. Et autant de pistes qu'il reste à explorer. Mais n'est-ce pas là aussi un des plaisirs de la recherche généalogique ?
Vous avez déjà fait des recherches sur des enfants assistés, à Paris ou ailleurs ? Avez-vous constaté d'autres points essentiels pour mener à bien ces recherches ?
Au vu du grand nombre de ressources disponibles, il est clairement indispensable de bien préparer sa visite aux Archives pour ne pas passer à côté d'une partie des informations recherchées. Ceci n'est d'ailleurs pas propre aux recherches sur les enfants assistés de la Seine. On retrouve certainement les mêmes difficultés dans les autres départements français.
Plus généralement, ces problématiques se rencontrent inéluctablement dès qu'un service a connu une longue existence, jalonnée de nombreuses transformations : changement de noms, fusion avec d'autres services, redécoupage en plusieurs entités, ...
Pour ma part, après deux visites, trop peu préparées, aux Archives de Paris, je me rends compte qu'il reste encore des ressources que je n'ai pas exploitées pour en apprendre plus sur l'enfance de mon aïeule. Et autant de pistes qu'il reste à explorer. Mais n'est-ce pas là aussi un des plaisirs de la recherche généalogique ?
Vous avez déjà fait des recherches sur des enfants assistés, à Paris ou ailleurs ? Avez-vous constaté d'autres points essentiels pour mener à bien ces recherches ?
Votre expérience m'intéresse ! Laissez-moi un commentaire.
Elise
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Bonjour,
RépondreSupprimerUn article utile car on a vite fait de s emmeler les pinceaux si on n est pas connaisseur ;-)
Suite à un mail que j'ai reçu, voici quelques compléments pour cet article.
RépondreSupprimerLes Archives de Paris conservent les dossiers individuels des enfants assistés nés avant 1918.
Pour les enfants nés après 1918, les archives sont conservées au Bureau des Affaires juridiques de la DASES (Direction de l'Action Sociale, de l'Enfance et de la Santé).
A noter aussi que les Archives de l'Assistance Publique de Paris (AP-HP) ne conservent pas de dossiers individuels, mais possèdent d'autres archives telles que les répertoires annuels du service, qui retracent pour chaque année (de 1852 à 1958) les entrées et sorties d'enfants assistés.
Merci pour ces informations précieuses.
RépondreSupprimerFrédéric
bonjour,
RépondreSupprimerEn 2010, après avoir retrouvé la trace de mon Grand-Père maternel aux Enfants Assistés de la Seine, j'ai fait une demande et obtenu une copie du dossier d'adoption de mon GP.
Bien que les documents soient très succincts, c'est toujours très émouvant de retrouver les racines de ses aïeuls.
Le dossier était-il complet ?
Le service des archives envoie-t-il systématiquement la totalité des éléments en leur possession ? Je me pose encore ces questions .
Mais ce qui me frustre le plus, ce sont les informations concernant la mère de mon GP. (Son père étant non dénommé)
Dans le dossier était précisé son nom, sa date de naissance ainsi que la ville d'origine en banlieue parisienne (Seine et Oise), mais même en faisant des recherches sur un siècle, il n'y a aucune trace de ce nom dans cette ville, ni de ses parents, sensés y être décédés.
Peut-être une technique de la sage-femme qui a déclaré l'enfant et chez qui elle avait accouché, pour supprimer toute trace de filiation ?
Etait-ce une pratique courante ?
Je ne vois pas comment poursuivre mes investigations.
Si quelqu'un a une idée ?
Merci
P. GARNIER